06/11/2006

correspondance entre terminologie bouddhiste et philosophie occidentale

correspondances terminologiques   language philo occ et bouddhisme 
 
NATURLLEMENT BOUDDHISTE


 je ne trouve pas les mots adéquats qui puissent traduire parfaitement les idées que je désire partager et, souvent, je n'ai d'autres choix que d'utiliser d'autres mots venant d'autres enseignements qui ne soient pas bouddhistes mais que je maîtrise mieux ! En ce sens, on peut me qualifier d'être non-bouddhiste !
 
Tous ces mots sanscrits me semblent tellement étrangers que j'ai du mal à les mémoriser... Pour ce qui est de les utiliser...! c'est une autre paire de manches !
En lisant des ouvrages sur le bouddhisme, la seule chose qui m'intéresse, c'est l'idée véhiculée et que les auteurs veulent transmettre et non pas les mots en eux-mêmes...
Pourtant, d'aussi loin que je me souvienne, je n'ai pas encore trouvé un seul "élément sur le bouddhisme" qui s'oppose profondément à ma conception des choses...
 
Je me sens, de ce fait, "naturellement"...bouddhiste ! Et c'est l'une des raisons de mon inscription à ce forum...
Toutefois, quels que soient les mots que j'utilise, des correspondances ou des paralléllismes à ces mots peuvent être certainement trouvés dans la littérature du bouddhisme...
Je te donne ci-dessous quelques exemples qui soutiennent en partie cette affirmation.

Pour ne pas chercher plus loin, prenons par exemple le texte envoyé par notre ami jguezenec concernant les quatre sunyatas.
Pour plus de clarté, je reproduis ici les passages qui nous intéressent:

>>>>>>>>>Samskrta Sunyata : la vacuité du Conditionné.
Samskrta sunyata, la vacuité du Conditionné signifie que l'existence conditionnée, phénoménale et relative, est dépourvue des caractéristiques de l'Inconditionné, de l'Absolu, de la Vérité. Les caractéristiques de l'Inconditionné sont tout d'abord le bonheur, puis la permanence (non le fait qu'il persiste dans le temps, mais qu'il occupe, si l'on peut dire, une dimension dans laquelle le temps lui-même n'existe pas), et enfin l'être véritable, la Réalité Ultime. L'existence conditionnée est dépourvue de ces caractéristiques de l'Inconditionné. Au contraire, elle est insatisfaisante, impermanente et non entièrement réelle. Pour cette raison le conditionné est dit vide de l'Inconditionné, le Samsara est dit vide du Nirvana. Cela signifie, en termes pratiques, que nous ne devons pas nous attendre à trouver, dans le flux de l'existence relative, ce que seul l'Inconditionné, l'Absolu, peut nous donner.

      Asamskrta Sunyata : la vacuité de l'Inconditionné.
Asamsrta sunyata, la vacuité de l'Inconditionné signifie que l'Inconditionné est dépourvu des caractéristiques du conditionné. Dans l'Inconditionné, dans le Nirvana, il n'y a pas de malheur ni de souffrance, pas d'impermanence, et pas de non-réalité, qui sont les caractéristiques du conditionné. Il n'y a que les caractéristiques opposées, dans toute leur ampleur. Tout comme l'on ne trouvera pas le conditionné dans l'Inconditionné, on ne trouvera pas l'Inconditionné dans le conditionné.

Ces deux premières formes de Sunyata sont communes à toutes les formes de bouddhisme.<<<<<<<<<<

Arrêtons nous d'abord là.
Eh bien moi je te dis que les termes que j'ai quelquefois utilisés comme les mots : Dieu, Soi ou Atman ont parfaitement leur correspondance dans le texte ci-dessus !
Si tu veux réellement comprendre, tu peux aussi revoir mon message (2246 du 22 Août 2006) ( un message qui a dû certainement semblé pour toi hors sujet !).
Maintenant je t'explique cette correspondance :
Le mot "Conditionné" dans le texte ci-dessus (par ex dans " la vacuité du Conditionné") est ce que j'ai toujours nommé "monde phénoménal" ou "substance". Nous pouvons donc par ex. dire "la vacuité du monde phénoménal".
Les cinq skandhas, qui sont anatta, sont des "éléments" qui font parties uniquement du Conditionné, c-à-d du monde phénoménal.
Le mot "Inconditionné" ci-dessus est ce que j'ai nommé "principe nouménal".
Dans le texte ci-dessus il est dit : "Les caractéristiques de l'Inconditionné sont tout d'abord le bonheur, puis la permanence (non le fait qu'il persiste dans le temps, mais qu'il occupe, si l'on peut dire, une dimension dans laquelle le temps lui-même n'existe pas), et enfin l'être véritable, la Réalité Ultime."
Cet être véritable, d'autres (dont je fais partie) l'appelle le Soi.
 pas venu à l'esprit de critiquer cette "permanence de l'Inconditionné" ni de cet "être véritable". Alors pourquoi vouloir critiquer le Soi ? Seulement parce que ce mot ne te convient pas ?
Comme dit plus haut, il est dit que les caractéristiques de l'Inconditionné est le bonheur, la permanence...
On ne doit donc pas objecter que l'existence du Soi est contraire au bouddhisme parce que son existence entre en contradiction avec la notion d'impermanence, ou de l'anatta. Comment pourrait-on qualifier d'impermanence une "chose" hors-temps ? Et de même comment pourrait-on qualifier le Soi d'anatta puisqu'il ne fait pas partie des cinq agrégats ? Ces cinq agrégats : la forme, les sensations, les perceptions, les formations volitionnelles et la conscience (Vijñana) font partie de l'univers conditionné, non pas de l'Inconditionné qui est le domaine du Soi.
Que reste-t-il par exemple d'un homme qui, par renoncement ou non-attachement, a pu "désagréger" l'égo qui fut en lui ? Eh bien il lui reste le Soi ! Ou la vraie nature du Bouddha, c'est selon....
Le Soi resplendit enfin en lui, étant donné que les nuages qui faisaient office de blocus à son rayonnement n'existe plus. Les véhicules de l'homme en question (corps subtils et physique) deviennent un instrument, un canal parfait mis à la disposition du Soi.
Les Chrétiens diront alors que l'homme est devenu un vrai serviteur de dieu (c'est le fait de s'effacer pour laisser dieu oeuvrer à travers soi). C'est le but pour les chrétiens mais c'est aussi le but pour les bouddhistes bien qu'ils l'appellent autrement : l'Eveil. D'autres nomment cet état nirvana, samadhi etc... C'est normal puisque l'une des caractéristiques de l'Inconditionné est le bonheur (un bonheur qui n'est pas dépendant). Moi, j'appelle cet état "la réalisation de Soi". C'est le but dans la méditation. C'est pourquoi j'ai dit, il n'y a pas longtemps de cela, que pour moi la notion de Soi est essentielle dans la méditation...  

En passant, je dois dire qu'il m'a plu de constater, dans le texte parlant de la vacuité de l'Inconditionné, que le terme vacuité est ici utilisé dans un autre sens que celle utilisée habituellement : "la vacuité de l'Inconditionné signifie que l'Inconditionné est dépourvu des caractéristiques du conditionné." Il n'est plus ici utilisé dans le sens de "vide d'existence en-soi" ou la vacuité résultant de la "co-production conditionnée" comme nous l'a dit Dominique...Au contraire, il est dit que "Dans
l'Inconditionné, dans le Nirvana, il n'y a pas( ...) de non-réalité, qui sont les caractéristiques du conditionné. Il n'y a que les caractéristiques opposées, dans toute leur ampleur." J'ai trouvé ce passage très explicite ....

Mais continuons notre recherche de correspondance qui pourra,  faire "comprendre", un tant soit peu, mon point de vue, ...

>>>>>>Maha Sunyata : la Grande Vacuité
(....)Dans la Maha Sunyata, ou Grande Vacuité, nous voyons que la distinction entre le conditionné et l'Inconditionné n'est de façon ultime pas valide, que c'est un produit de la pensée dualiste. Nous pouvons passer dix, quinze, ou vingt ans de notre vie spirituelle en nous basant sur la présomption que le conditionné est conditionné et que l'Inconditionné est Inconditionné. Mais finalement nous devons apprendre à voir la « vacuité » de la distinction entre les deux, à voir que cette
distinction doit être transcendée. Nous devons voir, faire l'expérience --- et non pas seulement spéculer, ou comprendre intellectuellement ou théoriquement --- que le rupa et la Sunyata, la forme et la vacuité, le conditionné et l'Inconditionné, que les êtres ordinaires et les Bouddhas, sont d'une même essence, d'une même Réalité ultime. Ceci est la Maha Sunyata, la Grande Vacuité dans laquelle toutes les distinctions et toutes les dualités sont oblitérées. <<<<<<<

L'ensemble de l'Inconditionné et du conditionné est ce que j'ai appellé Dieu ( d majuscule) ou "Principe-Substance" (Principe pour l'Inconditionné et substance pour le conditionné). Et il est vrai que tous sont d'une même essence, d'une même Réalité ultime : Dieu.
C'est ce que je voulais dire quand j'ai dit qu' "il n'y a que Lui partout et ailleurs." Et même en donnant une affirmation de Ramakrishna pour exemple quand il disait : " C'est Lui qui est devenu tout ceci. Tous les objets que je vois ne sont qu'autant de formes différentes du même Seigneur..." (message # 2246)

Mais c'est vrai,  ne pas aimer ces mots tels : Dieu, Soi etc... car ils sont peut-être "chargés" d'autres significations pour toi. Et que tu préfères des mots assez neutres comme "conditionné", "Inconditionné" ou d'autres mots sanscrits, c'est parfaitement ton droit... mais comme je te l'ai dit, la plupart de ces éléments étrangers comme tu dis, ne le sont pas. L'incompréhension est plutôt dûe à l'utilisation des mots différents de ceux qui tu côtoies habituellement dans le bouddhisme...
N'empêche qu'il y a quand même quelques éléments étrangers que j'ai évités de parler dans la mesure du possible, mais qui, pour moi, ne modifie en rien le bouddhisme mais qui le clarifie encore mieux. Et je trouve que ce forum n'est pas le lieu pour en parler...Ce n'est pas pareil pour les notions de Dieu ou Soi puisqu'ils sont entièrement dans le bouddhisme comme j'ai essayé de le démontrer plus haut...





Erynios 3.11.2006

13:46 Écrit par hubert leclerc sprl dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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