19/09/2015

John Bullitt Quelques suggestions pour la lecture des discours pali traduction michel prouxl

 

http://www.canonpali.org/cdl/sutta101.html

 



 

Avertissement: ce site est basé sur un site anglophone, et la plupart des liens sont vers l'anglais. Si vous avez une suggestion pour ajouter des liens francophones, ou si vous voulez vous en inspirer pour le choix d'un sutra à traduire en français, n'hésitez pas à communiquer avec moi.

 

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Se familiariser avec les Suttas

 

Quelques suggestions pour la lecture
des discours pali

 

par John Bullitt

 


 

Le Canon pali comprend plusieurs milliers de suttas (discours), dont plus de 700 sont désormais disponibles en traduction anglaise sur Access to Insight. Lorsqu'on fait face à une telle quantité de richesses, trois questions viennent naturellement à l'esprit :

 

Pourquoi devrais-je lire les suttas?
Quels suttas devrais-je lire?
Comment devrais-je les lire?

 

Il n'y a pas de réponses universelles et définitives à ces questions; en fin de compte, il faudra que vous trouviez les vôtres. Néanmoins, je vous offre ici quelques idées, suggestions, et conseils que j'ai moi-même trouvés utiles au cours des ans, dans ma propre exploration des suttas. Peut-être vous seront-ils utiles à vous aussi.

 


 

Pourquoi devrais-je lire les suttas? [go to top]

 

Ils sont la source première des enseignements du Bouddhisme Théravada.
Si vous êtes intéressé d'explorer les enseignements du Bouddhisme Théravada, alors le Canon pali -- et les suttas qu'il comprend -- est la bonne direction vers laquelle se tourner pour un avis et un soutien d'autorité. Pas besoin de vous préoccuper de savoir si les suttas ont été ou pas vraiment prononcés par le Bouddha historique (personne ne pourra jamais le prouver ni dans un sens ni dans l'autre). Gardez simplement à l'esprit que les enseignements qu'ils contiennent ont été pratiqués -- avec un succès apparent -- depuis plus de 2600 ans. Si vous voulez savoir si ces enseignements fonctionnent ou pas, alors étudiez les suttas et mettez leurs enseignements en pratique et découvrez par vous-même.

 

Ils constituent un corps d'enseignements complet.
Les enseignements des suttas, pris dans leur ensemble, présentent une carte routière complète au voyageur de la Voie, depuis son état courant de maturité spirituelle jusqu'à l'objectif final. Peu importe ce que votre état courant puisse être (sceptique non engagé, dilettante, pratiquant laïc dévot, ou moine ou nonne célibataires), Il y a quelque chose dans les suttas pour vous aider à progresser d'un pas de plus sur la voie vers le but. Plus vous en lirez en long et en large dans le Canon pali, et plus il sera possible que vous ressentiez moins le besoin d'emprunter des enseignements à d'autres traditions spirituelles, vu que les suttas contiennent pratiquement tout ce que vous devez savoir.

 

Ils constituent un corps d'enseignements auto-consistant.
Les enseignements dans le Canon sont en très grande partie auto-consistants, caractérisés par un seul goût [Ud V.5] -- celui de la libération. Cependant, à mesure de votre parcours au travers des suttas, il est possible que, de temps en temps, vous tombiez sur des enseignements qui remettront en question -- voire contrediront carrément -- votre présente compréhension du Dhamma. En réfléchissant profondément sur ces pierres d'achoppement, les conflits se résolle Vént soule Vént au moment où se pointe un nouvel horizon de l'entendement. Par exemple, vous pourriez conclure à la lecture d'un sutta [Sn IV.1] que votre pratique devrait être d'éviter tout désir. Mais à la lecture d'un autre [SN LI.15], vous apprendrez que le désir lui-même est un facteur nécessaire de la Voie. Ce n'est qu'après réflexion qu'il deviendra clair que ce à quoi le Bouddha veut en le Vénir, c'est qu'il y a différentes sortes de désir, et que certaines choses valent vraiment le coup qu'on les désire -- en particulier l'extinction de tout désir. Quand vous arrivez là, votre entendement prend une nouvelle expansion dans un territoire qui peut facilement comprendre les deux suttas, et l'apparente contradiction s'évapore. Au fil du temps, vous apprenez à reconnaître ces "conflits" apparents non plus en tant qu'inconsistances entre les suttas eux-mêmes, mais en tant qu'indication que les suttas vous ont amené jusqu'à une des limites de votre propre entendement. A vous de traverser cette limite.

 

Ils offrent beaucoup de conseils pratiques.
Dans les suttas vous trouverez une énorme quantité de conseils pratiques sur une armée de sujets pertinents au vrai monde, comme: comment enfants et parents peule Vént-ils vivre en harmonie les uns avec les autres [DN 31], comment préserver vos possessions matérielles [AN IV.255], quelles sont les sortes de choses qui ne méritent pas qu'on en parle [AN X.69], comment le Vénir à bout du chagrin [AN V.49], comment entraîner son esprit jusque sur son lit de mort [SN XXII.1], et bien d'autres choses encore. Bref, ils offrent des conseils très pratiques et réalistes sur la manière de trouver le bonheur, peu importe ce que puisse être votre situation de vie, peu importe que vous vous disiez "bouddhiste" ou pas. Et, bien sûr, vous y trouverez aussi d'amples instructions sur la façon de méditer [e.g., MN 118, DN 22].

 

Ils peuvent renforcer votre confiance dans les enseignements du Bouddha.
Au fur et à mesure de votre exploration des suttas vous rencontrerez des choses dont vous savez déjà qu'elles sont vraies à cause de votre propre expérience. Peut-être êtes vous déjà familier avec les dangers de l'alcoolisme [DN 31], ou peut-être avez-vous déjà goûté à la sorte de plaisirs raffinés qui surgissent naturellement dans un esprit concentré [AN V.28]. Constater que votre propre expérience est validée par les suttas -- même dans de petites choses -- peut faciliter l'acceptation de la possibilité que les expériences les plus raffinées ou "avancées" que décrit le Bouddha ne sont pas si tirées par les cheveux, après tout, et que certains des enseignements les plus contre-intuitifs et difficiles ne sont pas, après tout, si étranges. Cette validation peut inspirer une confiance et une énergie renouvelées qui aidera votre méditation et votre entendement à se frayer un chemin dans de nouveaux territoires.

 

Ils peule Vént soutenir et stimules votre pratique de la méditation.
Lorsqu'on lit des choses dans les suttas qui parlent des expériences de méditation d'autres gens, on peut commencer à ressentir ce qu'on a déjà accompli dans notre pratique de la méditation, et ce qu'il reste à faire. Ce ressenti peut fournir de puissantes impulsions pour s'appliquer avec encore plus de coeur aux enseignements.

 

Les lire est tout simplement bon pour vous.
Les instructions que contiennent les suttas sont entièrement de nature positive, et concernent toutes le développement des qualités dignes de louanges que sont la générosité, la vertu, la patience, la concentration, l'attention et ainsi de suite. Lorsque vous lisez un sutta vous remplissez en conséquence votre esprit de choses positives. Si vous considérez toute l'information inutile et carrément destructrice que la société moderne -- en particulier Internet -- jette contre nos sens, jour après jour, un peu d'étude régulière des suttas peu dele Vénir une îlot de salut et de santé mentale dans un monde dangereux. Prenez bon soin de votre mental -- lisez un sutta aujourd'hui et prenez le à coeur.

 


 

Quels suttas devrais-je lire? [go to top]

 

C'est simple: ceux que vous voudrez.

 

Il peut être utile de penser au Dhamma comme d'un joyau à plusieurs facettes, chaque sutta offrant un aperçu d'une ou deux de ces facettes. Par exemple, il y a des enseignements des Quatre Nobles Vérités et de L'Octuple Sentier; de dana et de sila; de l'attention à la respiration et de l'attention à la mort; sur la vie correcte en tant que laïque ou en tant que moine ou nonne ordonnés. Aucun sutta en particulier de parle de tout ça; chacun d'entre eux dépend de tous les autres pour dépeindre un tableau complet des enseignements du Bouddha. Plus on lit de suttas, plus on a une image complète du joyau.

 

En tant que point de départ, chaque étudiant du Bouddhisme devrait étudier, réfléchir sur, et mettre en pratique les Cinq préceptes et les Cinq sujets de contemplation quotidienne. De plus, nous devrions prendre à coeur les conseils du Bouddha à son jeune fils, Rahula, à propos de nos responsabilités fondamentales chaque fois que nous posons un acte intentionnel de quelque sorte que ce soit. A partir de là, on peut suivre le propre système par étapes ou "graduel" du Bouddha, qui comprend les sujets de la générosité, de la vertu, du ciel, des écueils, de la renonciation, et des quatre Nobles Vérités.

 

Si vous êtes intéressés à établir une base solide des enseignements du Bouddha, il y a trois suttas qui sont largement considérés comme étant lecture essentielle: La mise en marche de la roue du Dhamma (SN LVI.11), Le discours sur la caractéristique du non-soi (SN XXII.59), et le Sermon du feu (SN XXXV.28). Ensemble,ces suttas -- les "Grands Trois" du Sutta Pitaka -- définissent la thématique essentielle des enseignements du Bouddha qui apparaîssent en innombrables variations à travers tout le Canon. Dans ces suttas on nous présente des notions aussi fondamentales que: les Quatre Nobles Vérités; la nature de dukkha; l'Octuple Sentier; la "voie du milieu"; la "roue" du Dhamma; le principe d'anatta (non-soi) et l'analyse de notre "soi" en cinq aggrégats; le principe de quitter notre enchantement dans la gratification sensuelle et les nombreux plans de l'être qui caractérisent la vaste étendue de la cosmologie bouddhique. Ces principes de base fournissent un cadre d'études sur lequel tous les autres enseignements du Canon se fondent.

 

Qui plus est, ces trois suttas démontrent superbement la remarquable habileté du Bouddha en tant qu'enseignant: il organise sa matière de façons claires, logiques, et mémorisables, en utilisant des listes ( les Quatre Nobles Vérités, l'Octuple Sentier, les cinq aggrégats, etc.); il entraîne son public dans un dialogue actif, pour les aider à révéler d'eux-mêmes les erreurs dans leur raisonnement; il amène ses raisonnements grâce à des paraboles et des comparaisons que le public peut aisément comprendre; et, ce qui est très significatif, il établit encore et encore si efficacement la relation avec ses auditeurs, qu'ils peule Vént réaliser par eux-mêmes les résultats transcendants qu'il leur promet. Dès que nous pouvons voir le Bouddha comme l'enseignant extraordinairement capable qu'il était, nous pouvons procéder avec confiance à travers le reste du Canon, confiants pleinement dans ce que ses enseignements ne vont pas nous fourvoyer.

 

Quelques autres points de départ fructueux:

 

  • Pour les amateurs de poésie, le Khuddaka Nikaya offre une riche mine de suttas importants sous forme versifiée. En particulier, pensez à explorer le Dhammapada, le Sutta Nipata, ou le Therigatha.

  • Pour les instructions de base du Bouddha sur la méditation de respiration, voir l'Anapanasati Sutta; pour ses instructions sur la pratique de l'attention, voir le Maha-satipatthana Sutta.

  • Pour apprendre comment cultiver un coeur de bonté aimante, voir le Karaniya Metta Sutta.

  • Dans le Devadaha Sutta le Vén. Sariputta explique comment introduire les enseignements du Bouddha à des personnes curieuses et intelligentes -- quelqu'un comme vous.

  • Comment décide-t-on des pistes spirituelles qui valent la peine qu'on les suive, et lesquelles ne la valent pas? Le Kalama Sutta jette un peu de lumière sur cet ancien dilemme.

  • Dans le Sigalovada Sutta le Bouddha offre un "livret d'instruction" concis qui montre comment des laïques peuvent mener des vies heureuses et comblées.

 

Une fois que vous avez trouvé un sutta qui accroche votre intérêt, cherchez en d'autres du même type.[1] De là, vagabondez à volonté à travers les suttas, en recueillant au passage toutes les gemmes qui attirent votre regard.

 


 

Comment devrais-je lire un sutta? [go to top]

 

Pour tirer le maximum de vos études des suttas, il peut être utile de considérer quelques principes généraux avant de commencer effectivement à lire, et, une fois que vous aurez commencé à lire un sutta, de tenir à l'esprit quelques questions au fur et à mesure de votre lecture.

 

a. Quelques principes généraux [go to top]

 

  • Il n'existe rien de tel qu'une traduction "définitive".
    N'oubliez pas que le Canon pali a été enregistré en pali, et pas en anglais. Jamais au cours de sa carrière le Bouddha n'a jamais parlé de "souffrance" ou "d'illumination"; il parlait au contraire de choses telles que dukkha et nibbana. Gardez aussi en tête que chaque traduction anglaise a été filtrée et produite par un traducteur -- quelqu'un qui est inextricablement inscrit dans sa propre culture à un moment particulier dans le temps, et dont l'expérience et l'entendement colorent inévitablement sa traduction. (Les traductions britanniques des suttas de la fin du XIX° et du début du XX° siècles nous paraissent souvent mornes et lourdes, aujourd'hui; dans cent ans, ces traductions que nous apprécions aujourd'hui paraîtront sans le moindre doute tout aussi archaïques.) La traduction, tout comme les tentatives du cartographes à projeter la terre ronde sur une feuille plate de papier, est un art imparfait.

    Il vaut probablement mieux ne pas vous mettre trop à l'aise avec une traduction en particulier, que ce soit d'un mot ou de tout un sutta. Ce n'est pas, par exemple, parce qu'un traducteur donne "souffrance" pour dukkha ou "libération" pour nibbana, que vous devez prendre ces traductions pour la vérité. Essayez les pour voir si la taille vous convient, et voyez comment elles marchent pour vous. Donnez amplement d'espace pour que votre entendement puisse changer et mûrir, et cultivez une bonne disposition à considérer d'autres traductions. Il est possible qu'au cours du temps vos propres préférences puissent changer (vous pourriez, par exemple, en venir à trouver que "stress" et "étanchement" sont plus pratiques). Rappelez-vous que toute traduction n'est qu'une béquille pratique, mais provisoire, dont vous devrez vous servir jusqu'à ce que vous puissiez en arriver à une compréhension de première main des idées qu'elle décrit.

    Si vous êtes vraiment sérieux dans votre entendement de ce dont parlent les suttas, il faudra que vous retroussiez vos manches et que vous appreniez le pali. Mais il y a encore mieux: lisez les traductions et mettez les enseignements qu'ils contiennent en pratique jusqu'à en obtenir les résultats promis par le Bouddha. La maîtrise du pali n'est, fort heureusement, pas un prérequi à l'Eveil.

     

  • Aucun sutta ne contient tous les enseignements.
    Pour tirer le maximum du Canon, explorez de nombreux suttas différents, pas seulement quelques uns choisis. Les enseignements sur l'attention, par exemple, quoique précieux, ne représentent qu'une toute petite partie de l'ensemble des enseignements du Bouddha. Au pifomètre: chaque fois que vous croyez que vous comprenez ce dont parlent les enseignements du Bouddha, c'est un bon indice qu'il faut que vous approfondissiez.

     

  • Ne vous préoccupez pas pas de savoir si un sutta contient vraiment ou non les propres mots du Bouddha historique.
    Il n'existe aucun moyen de le prouver ou de l'infirmer. Contentez-vous de lire les suttas, d'en mettre les enseignements en pratique du mieux que vous pourrez, et voyez ce qui arrive. Vous n'avez rien à perdre.

     

  • Si vous aimez un sutta, relisez le.
    Vous tomberez parfois sur un sutta qui vous accroche d'une manière quelconque lorsque vous le lisez pour la première fois. Ayez confiance en cette réaction et relisez le; cela signifie à la fois que le sutta a quelque chose de précieux à vous apporter, et que vous êtes mûr(e) pour recevoir l'enseignement qu'il offre. Relisez de temps en temps les suttas que vous vous rappelez avoir aimés il y a quelques mois ou quelques années. Vous pourriez y découvrir quelques nuances que vous aviez négligées auparavant.

     

  • Si vous n'aimez pas un sutta, relisez le.
    Vous tomberez parfois sur un sutta qui est juste carrément irritant. Ayez confiance en cette réaction; cela signifie que le sutta a quelque chose de précieux à vous apporter, même si vous n'êtes pas encore tout à fait prêt(e) pour lui. Mettez un marque-page là et mettez le sutta de côté pour le moment. Reprenez-le dans quelques semaines, mois, ou années, et essayez encore. Peut-être qu'un jour vous tilterez dessus.

     

  • Si un sutta est ennuyeux, confus, ou qu'il n'apporte aucune aide, mettez-le simplement de côté.
    Selon vos intérêts du moment et la profondeur de votre pratique, vous pourriez trouver qu'un sutta donné reste incompréhensible ou bien qu'il a l'air particulièrement ennuyeyx et gonflant. Mettez-le tout simplement de côté pour le moment, et essayez-en un autre. Continuez d'essayer jusqu'à ce que vous en trouviez un qui opère une connexion directe et personnelle.

     

  • Un bon sutta est celui qui vous inspire de cesser de le lire.
    Tout l'intérêt de lire des suttas est de nous inspirer de développer les vues correctes, de vivre une vie droite et de méditer correctement. De sorte que si, en lisant, vous ressentez un besoin de plus en plus fort de poser le livre, d'aller vous asseoir dans un endroit tranquille, de fermer les yeux et d'observer votre respiration, ben faites le! Le sutta aura alors rempli son rôle. Il sera encore là quand vous y reviendrez plus tard.

     

  • Lisez le sutta à haute voix, du début à la fin.
    Ceci est utile à plusieurs niveaux; cela vous encourage à lire chaque mot du sutta, cela donne à votre bouche un peu de pratique avec la parole correcte, et donne à vos oreilles un peu d'expérience avec l'écoute du Dhamma.

     

  • Ecoutez les enseignements à différents niveaux.
    De nombreux suttas offrent des enseignements à plusieurs niveaux, simultanément, et c'est bon d'entraîner l'oreille à ça. Par exemple, quand le Bouddha explique à un disciple les points les plus délicats de la parole correcte, remarquez comment le Bouddha lui-même utilise la parole [MN 58]. Le Bouddha "practique-t-il ce qu'il prêche"?

     

  • N'ignorez pas les répétitions.
    De nombreux suttas contiennent des passages répétitifs. Lisez le sutta comme vous le feriez d'une pièce de musique: lorsqu'on chante ou qu'on écoute une chanson, on ne passe pas par-dessus tous les refrains; de même, quand vous lirez un sutta, n'évitez pas de répéter les refrains. Comme en musique, les refrains dans les suttas contiennent souvent de légères variations insoupçonnées -- et importantes -- qu'il ne faut pas manquer.

     

  • Discutez du sutta avec un ami ou deux.
    En partageant vos observations et réactions avec un ami, tous deux pouvez développer votre entendement du sutta. Considérez la possibilité de former un groupe informel d'étude des suttas. Si vous avez des questions qui traînent sur un sutta, demandez à un enseignant expérimenté et de confiance pour qu'il vous guide. Consultez les moines et les nonnes plus anciens, vu que leur perspective spécifique sur les enseignements peut souvent vous aider à passer à travers les bouchons de la confusion.

     

  • Apprenez un peu de Pali.
    Quand vous aurez lu quelques suttas, ou quelques traductions différentes du même sutta, vous vous trouverez peut-être intrigué par certains choix de mots particuliers. Par exemple, pourquoi ce traducteur se sert-il de l'expression "fondations de l'attention" alors qu'un autre écrit "cadres de référence"? Qu'est-ce que ces expressions veulent dire? Se tourner vers un dictionnaire Pali-English (ou pali-français) et chercher le sens du mot satipatthana (et de ses éléments de composition) peut aider à jeter une lumière nouvelle sur le mot, ce qui pave la voie à une étude encore plus fructueuse des suttas.

     

  • Qu'ont dit les autres sur ce sutta.
    Il est toujours utile de lire ce que les commentateurs -- les contemporains et les anciens -- ont à dire sur les suttas. Certains trouvent que les commentaires typiques du Tipitaka -- en particulier ceux de l'écrivain médiéval Buddhaghosa -- sont utiles. Une partie d'entre eux sont disponibles en traduction anglaise chez la Pali Text Society et la Buddhist Publication Society. Certains préfèrent les commentateurs plus contemporains, comme ceux qui ont été écrits dans la Wheel Publications de la Buddhist Publication Society. De nombreux livrets et articles remarquables ont été écrits par des auteurs tels que les Véns. Bodhi, Khantipalo, Ñanamoli, Narada, Nyanaponika, Soma, et Thanissaro. Vous trouverez peut-être aussi un intérêt dans les excellentes notes d'introduction et de bas-de-page du The Middle Length Discourses of the Bouddha (Boston: Wisdom Publications, 1995) de Bhikkhu Bodhi, et du The Long Discourses of the Bouddha (Boston: Wisdom Publications, 1987) de Maurice Walshe. Lisez aussi ce qu'écrivent les maîtres de la Tradition thai de la forêt, car ils offrent des perspectives rafraîchissantes et spécifiques sur les suttas qui sont bien enracinées dans une profonde expérience de la méditation.

     

  • Donnez au sutta le temps de mûrir.
    Peu importe l'utilité du message que vous aurez trouvé dans le sutta, peu importe la satisfaction que vous aurez retirée du goût qu'il vous a laissé, laissez les croître et se développer au cours de votre pratique de la méditation et de votre vie. Ne tentez pas de résoudre ou de "faire" un sutta comme si c'était un mot croisé. Donnez lui le temps de mijoter derrière votre tête. Avec le temps (va, tout s'en va), les idées, les impressions, et les attitudes induites par le sutta vont infuser graduellement dans votre conscience, informant ainsi votre façon de voir le monde. Un jour vous pourrez même vous retrouver au milieu d'une expérience par ailleurs très ordinaire et quotidienne lorsque soudain, le souvenir d'un sutta que vous aurez lu il y a longtemps vous bondira en mémoire, portant avec lui un puissant enseignement dharmique qui sera exactement approprié au moment.

    Pour faciliter ce lent processus de maturation, laissez-vous plein d'espace pour les suttas. Ne quichez pas vos lectures de suttas avec vos autres activités, et ne lisez pas trop de suttas en même temps. Faites de l'étude des suttas une activité spécifique, contemplative, qui devrait également être une expérience agréable. Si vous trouvez que ça devient sec et irritant, mettez la de côté, et essayez à nouveau quelques jours, semaines ou mois après. Lorsque vous finissez de lire un sutta, ne replongez pas tout de suite dans vos activités besogneuses; prenez du temps après pour une petite méditation de respirtaion, pour donner au coeur la chance de se refroidir afin de pouvoir parfaitement absorber les enseignements.

 

b. Questions à garder à l'esprit [go to top]

 

Lorsque vous lisez un sutra, gardez à l'esprit que vous écoutez aux portes du Bouddha alors qu'il est en train d'enseigner à quelqu'un d'autre. Au contraire de plusieurs des contemporains du Bouddha, appartenant à d'autres traditions spirituelles, et qui pouvaient souvent adhérer à une doctrine donnée en répondant à chaque question [AN X.93], le Bouddha ajustait les principes de base de ses enseignement aux besoins spécifiques de son auditoire. Il est donc important de développer une sensibilité au contexte d'un sutra, pour voir de quelle manière la situation de l'auditeur du Bouddha est similaire à la nôtre, de façon à pouvoir jauger de comment appliquer le mieux les paroles du Bouddha à notre propre situation personnelle.

 

Il peut être utile de garder certaines questions en mouvement derrière la tête pendant qu'on lit, autant pour aider à comprendre le contexte du sûtra et aider à s'accorder aux différents niveaux d'enseignements qui se développent souvent simultanément. Rappelez-vous: ces questions n'étaient pas destinées à vous transformer en spécialiste de la littérature; leur but est simplement de vous aider à faire vivre chaque sûtra .

 

 

  • Quel est le cadre?
    Le paragraphe d'ouverture (qui commence habituellement par, "Ainsi l'ai-je entendu...") met le sutta en scène. Est-ce que ça se passe dans un village, dans un monastère, Dans la forêt? En quelle saison est-on? Quels événements ont lieu en arrière-plan? Lorsqu'on se fixe ces détails en tête, ça permet de sse rappeler que ce sutta décrit des événements réels survenus à des personnes réelles -- comme vous et moi. Cela permet de faire revivre réellement le sutta.

     

  • Quelle est l'histoire?
    Un sutta pourra offrir peu de choses en matière d'histoire narrative [AN VII.6], alors qu'un autre sera rempli de pathos et de théâtralité, et il pourra même parfois ressembler à une histoire courte [Mv X.2.3-20]. Comment l'histoire elle-même renforce-t-elle les enseignements présentés dans le sutta?

     

  • Qui commence l'enseignement?
    Est-ce le Bouddha qui prend l'initiative [AN X.69], ou est-ce quelqu'un qui vient lui poser des questions [DN 2]? Dans ce dernier cas, y a-t-il des non-dits ou des attitudes qui se cachent derrière? Quelqu'un vient-il trouver le Bouddha dans l'intention de le battre dans un débat [MN 58]? Ces considérations peuvent vous donner un sentiment de motivation derrière les enseignements, et de la réceptivité de l'auditeur aux paroles du Bouddha. Avec quelle attitude vous approchez vous de ces enseignements?

     

  • Qui enseigne?
    Est-ce le Bouddha [SN XV.3], un de ses disciples [SN XXII.85], ou les deux [SN XXII.1]? Est-il ou est-elle ordonné(e) [SN XXXV.191] ou est-ce un laïc ou une laïque[AN VI.16]? Quelle est la profondeur de la compréhension de l'enseignant (par ex., est-il ou elle "simplement" quelqu'un qui est entré dans le courant [AN VI.16], ou s'agit-il d'un arahant [Thig V.4])? Même s'il est souvent difficile de le déterminer à partir de la lecture du sutta, avoir une connaissance de l'arrière-plan et des références de l'enseignant peut aider à jauger le niveau des enseignements qu'il ou elle a à offrir. Lire les commentaires et discuter de ces questions avec des spécialistes ou des membres du Sangha peut se révéler utile, ici.

     

  • A qui sont destinés les enseignements?
    Est-ce pour un moine [SN XXXV.85], une nonne [AN IV.159], ou un disciple laïc [AN VII.49]? S'agit-il d'une grande assemblée [MN 118] ou d'un individu [AN IV.184]? Ou s'agit-il des disciples d'une tout autre religion [MN 57]? Quelle est la profondeur de leur compréhension? Si le public est constitué d'entrants dans le courant qui aspirent à l'état d'arahant, les enseignements présentés peuvent être considérablement plus avancés que si le public n'a jamais eu auparavant le moindre aperçu des enseignements du Bouddha [AN III.65]. Ceci peut être utile lorsqu'il s'agit de déterminer si ces enseignements spécifiques vous conviennent.

     

  • Quelle est la méthode de présentation?
    S'agit-il d'une leçon formelle [SN XLVI.11], d'une session de questions et réponses [Sn V.6], de la répétition d'une vieille histoire [AN III.15], ou simplement d'un verset inspiré [Thig 1.11]? L'enseignant dispense-t-il son instruction seulement grâce au contentu des enseignements [SN XII.2] ou est-ce que la façon -même dont il traite ses auditeurs fait partie du message [MN 57]? La grande variété des styles d'enseignement employés par le Bouddha et ses disciples montre qu'il n'existe pas de méthode fixe pour enseigner le Dhamma; la méthode à utiliser dépend des exigences spécifiques de la situation et de la maturité spirituelle du public.

     

  • Quel est l'enseignement essentiel?
    En quoi l'enseignement correspond-il au triple système progressif d'entraînement du Bouddha: Est-il d'abord focalisé sur le développement de la vertu [MN 61], de la concentration [AN V.28], ou de la sagesse [MN 140]? La présentation est-elle consistante avec ce qui est donné dans les autres suttas (par ex., Sn II.14 et DN 31)? Comment cet enseignement s'insère-t-il dans votre "carte routière" des enseignements du Bouddha? Correspond-il proprement avec votre état précédent de compréhension, ou remet-il en question quelques unes de vos croyances fondamentales à propos du Dhamma?

     

  • Comment est-ce que ça finit?
    L'Auditeur atteint-il l'Eveil juste là et à ce moment-là [SN XXXV.28], ou lui faut-il attendre encore un peuaprès avoir entendu les enseignements [MN 57]? Quelqu'un se "convertit"-il à la voie du Bouddha, ainsi qu'il est montré par le passage standard, "Magnifique! Magnifique! C'est comme s'il avait redressé ce qui était renversé..." [AN IV.111]? Parfois, le simple geste de souffler une chandelle suffit à amener quelqu'un au plein Eveil [Thig V.10]; parfois le Bouddha lui-même ne peut arriver à aider quelqu'un à surmonter son mauvais kamma passé [DN 2]. Les diveres issues des suttas permettent d'illustrer l'extraordinaire pouvoir et complexité de la loi du kamma.

     

  • Qu'est-ce que ce sutta peut m'offrir à moi?
    Ceci est la plus importante question de toutes, car cela nous défie de prendre le sutta à coeur. Après tout, c'est le coeur qu'il faut transformer par ces enseignements, pas l'intellect.

    Tout en lisant le sutta, demandez-vous: Est-ce que je m'identifie avec une quelconque des situations ou personnages de ce sutta? Ces questions qui sont posées ou ces enseignements qui sont dispensés sont-ils pertinents pour moi? Quelles leçons puis-je tirer de ce sutta? Ai-je des doutes sur ma capacité à vraiment faire ce que le Bouddha me demande dans ce sutta, ou en suis-je rempli d'une plus grande confiance?

 


 

Notes

 

1. Il y a plusieurs façons de trouver des suttas pertinents sur ce site web. En cliquant sur le lien "Contexte de ce sutta" près du haut du texte des suttas, on pourra retrouver ceux qui sont situés à proximité dans le Canon, dont certains peuvent toucher des sujets connexes. Pour trouver d'autres suttas, articles, ou livres sur des sujets en rapport; explorez le Subject Index. Si le sutta mentionne un personnage sur lequel vous aimeriez en savoir plus, essayez l' Index of Proper Names. Si vous aimeriez savoir où dans le Canon apparaît une comparaison, essayez l' Index of Similes. [Retour]

 


 

Révisé: Fri 24 Janvier 2003

 

Pour tout lien défectueux (il doit y en avoir beaucoup!) allez voir à
http://www.accesstoinsight.org/sutta101.html

 

 

 

16:13 Écrit par hubert leclerc sprl | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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